Madame Lagarde, vous étiez-vous échauffée ?

Lors d’un entretien ce matin avec Raphaële Duchemin sur France Info, Christine Lagarde a déclaré « Le principe de la révolution c’est que vous faites un tour complet à 360°… »

Quelques minutes plus tard, sur Europe 1, Fogiel répète à plusieurs reprises cette « info », en attribuant à Madame Lagarde l’expression « virage à 360° ». Puis il reçoit un SMS qui lui fait prendre conscience de l’absurdité de ce qu’il martèle pourtant depuis 10 mn : un virage à 360°, ça veut dire qu’on n’a pas bougé, et qu’on repart dans la même direction.

Lorsque j’ai entendu l’expression « virage à 360° », je me suis dit que Madame Lagarde avait oublié les fondements de la géométrie, ou qu’elle essayait de nous embobiner 🙂

En même temps, son expression exacte « le principe de la révolution, c’est que vous faites un tour complet à 360° », peut renvoyer à l’astronomie, où le mot révolution désigne la trajectoire de rotation d’une planète autour d’une autre. (ex : « la révolution de la Terre autour du Soleil »). Alors, lapsus ou escroquerie ?

Je ne répondrai pas à cette question, d’autres s’en chargeront. Mais cet enchaînement médiatique m’inspire 2 réflexions à répercuter dans notre quotidien de communicants « amateurs » :

  1. Monsieur Fogiel, vous êtes-vous tu avant de parler ?
    Avant de répéter automatiquement un message entendu, il est important d’en saisir la portée et les implications. Pour cela, je recommande un « temps de silence », toujours bénéfique pour écouter et décoder. C’est une lapalissade, mais que ceux qui n’ont jamais répété une rumeur dans les couloirs de leur entreprise sans la vérifier me jettent la première pierre 🙂
  2. Madame Lagarde, vous étiez-vous échauffée ?
    Quelles que soient nos qualités, notre professionnalisme et notre degré de préparation, nous pouvons faire une erreur sous le coup de l’émotion.  J’imagine que Madame Lagarde avait parfaitement préparé son passage sur France Info ce matin. Elle devait avoir des fiches, un argumentaire et des messages à faire passer.  J’observe pourtant que son « lapsus » se loge dans sa toute première phrase, au moment où l’auditeur est le plus réceptif, afin de décider s’il va continuer à écouter ou pas (surtout à la radio). Dans ce cas précis, on est tellement focalisé sur l’ambiguité de ce « tour complet à 360° », qu’on n’écoute pas le contenu qui suit…Or, dans une logique de communication gouvernementale, elle était justement là pour qu’on écoute ce contenu : dommage 🙁

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