Le paradoxe du piéton et de l’automobiliste

Avez-vous remarqué la capacité que nous avons tous à changer de point de vue selon le rôle dans lequel nous sommes ?

J’appelle cela le paradoxe du piéton et de l’automobiliste. Je pense qu’il est à l’origine de nombreuses erreurs dans la préparation des présentations professionnelles, et je pense qu’en le surmontant, on peut progresser significativement !

Revenons un instant dans la rue :

Quand nous sommes à pied,  nous reprochons aux automobilistes de freiner toujours au dernier moment, de rouler juste dans la flaque qui est devant nous, d’ouvrir leur portière sur le trottoir sans faire attention !

Au contraire, quand nous sommes au volant, nous reprochons aux piétons de se jeter sur la chaussée sans prévenir, juste devant la voiture, d’apparaître subitement dans le rétroviseur au moment où nous enclenchons la marche arrière, ou de ne pas comprendre qu’ils devraient se pousser pour que nous ouvrions la portière au lieu de continuer à bavarder sur le trottoir !

Ayant observé ces comportements paradoxaux, je me dis que cette dualité s’applique aussi à nos comportements en réunion : combien de personnes jugent les présentations auxquelles ils assistent avec l’indulgence qu’ils s’appliquent en tant qu’orateur ? et à l’inverse, combien de personnes préparent leurs présentations avec la rigueur et la précision qu’ils espèrent trouver chez ceux qu’ils écoutent ?

Ainsi, ne connaissez-vous pas des orateurs qui remplissent leurs transparents de texte illisible, utilisent un langage connu d’eux seuls, vous expliquent pendant 20 mn les tenants et aboutissants techniques d’un problème sans que vous ne sachiez ce qu’ils attendent de vous ?

Pour éviter d’infliger à votre auditoire ce que vous ne supportez pas vous-mêmes, voici quelques bonnes pratiques :

Si je déteste devoir déchiffrer un texte en police 10 du fond de la salle, il n'y a pas de raison que je l'impose aux autres !

1) Faire une analyse préalable de l’auditoire : que savent-ils déjà, quelles questions pourraient-ils poser ? quelles objections pourraient-ils avoir ?

2) Construire la présentation en réponse à la question « qu’ont-ils besoin de savoir pour atteindre l’objectif que j’ai fixé à la réunion ? » (et non pas en répondant à « qu’est-ce que je peux dire sur ce sujet ? », car on n’est en général pas là pour tester vos connaissances)

3) Cultiver l’interactivité pendant toute la durée de la présentation en laissant des temps de silence pour les questions de l’auditoire, en posant des questions ouvertes, et en maintenant un contact visuel avec les personnes.

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